socio-politique chapitre 2

CHAPITRE 2 - L'ETAT

Introduction - Pouvoir et domination politique

La politique peut être définie comme étant ce qui est relatif au gouvernement de la société. La capacité de certains individus à orienter les comportement de l'ensemble de la collectivité, à élaborer des règles qui s'imposent à tous.
Ce qui fonde la spécificité politique du pouvoir politique est qu'il s'exerce sur l'ensemble d'une société.
 Pourquoi ses individus choisissent-il ?
L'activité du gouvernement est dirigé par une relation de pouvoir.

1 - La relation de pouvoir, légitimité et contrainte

Compliqué à définir car elle est polysémique.
Dans une logique institutionnaliste, le pouvoir est le gouvernent (il occupe une position officielle).
Le problème de cette approche, c'est que les détenteurs officiels ne sont pas nécessairement ceux qui exercent le pouvoir (ex - le pouvoir des hauts fonctionnaires).
On ne peut pas se cantonner à une approche normative car elle ne rend pas compte de la réalité.
La conception relationnelle du pouvoir domine en sociologie. Le pouvoir est conçu comme relation entre individus et groupe. Il y a seulement un pouvoir qui s'exerce sur quelqu'un mais pas tout seul. Ça n'existe que dans la mesure ou le pouvoir s'exerce, donc cela suppose au moins deux acteurs.
Comment parvient-on à imposer sa volonté au sein d'une relation sociale ?
Deux notions essentielles pour répondre à cette question, la légitimité et la contrainte.
La relation repose toujours soit sur la légitimité soit sur la contrainte qu'il est capable d'utiliser pour imposer sa volonté.
La légitimité c'est le crédit, la reconnaissance accordé à celui qui exerce le pouvoir et à la reconnaissance qu'il est normal qu'il impose ses règles.
La contrainte c'est la garantie de faire triompher sa volonté en l'absence de légitimité, ou alors quand elle est insuffisante.
En effet, ceux qui exercent le pouvoir disposent souvent de cette double ressource.

2 - Le pouvoir stabilisé

La notion de pouvoir est souvent associé à une autre notion qui est celle de la domination. Weber est l'un des principaux théoriciens de ces notions.
« Economie et société », dans cet ouvrage il distingue la puissance (le pouvoir) de la domination. Puissance est synonyme de pouvoir. « toute chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté, même contre les résistances peu importe sur quoi repose cette chance ».
donc cette chance peut reposer uniquement sur de la contrainte, voir physique. C'est ce qui distingue le pouvoir de la domination. La domination suppose que la relation de pouvoir soit inscrite dans des cadres légitimes pour qu'il y ai acceptation.
Les relations de pouvoirs quand elles sont légitimées et sont stabilisées relèvent de la domination.
Weber «  Tout véritable rapport de domination comporte un minimum de volonté d'obéir, par conséquent un intérêt à obéir ».

Pour quelles raisons les individus auraient un minimum de volonté d'obéir ?
Les raisons peuvent être de différentes natures, soir simple habitude, soit pour des motifs affectifs, pour des raisons matérielles par idéal, car l'obéissance permet d'atteindre un but qu'on place au dessus de tout. Comme la construction d'une société meilleur.
Selon Weber, l'habitude et les raisons matérielles l'emportent dans notre société actuelle mais il faut que les individus croient en sa légitimité ce qui est fondamental. La domination est une relation qui repose sur une croyance. « Toutes les dominations cherchent à éveiller et à entretenir la croyance en leur légitimité », l'entreprise de légitimation doit être réussie.

3 - La spécificité du pouvoir et de la domination

L'aptitude à imposer les décisions contraignant l'ensemble d'une société.
Comment peut-on imposer des règles ?
Ils ont une autorité légitime et des moyens efficace de contrainte.
La légitimité donne au pouvoir politique une autorité reconnue à imposer des décisions ou des règlement. Mais il y a des conditions nécessaires à l'exercice de ce pouvoir, il faut qu'ils puissent légitimement recourir à des sanctions contre les récalcitrants.
Le pouvoir politique se constitue toujours en interdisant aux autres l'usage de la coercition et en s'en réservant le monopole.
Ainsi la politique est en mesure d'imposer le respect des règles, le pouvoir se pose toujours en dernière instance sur la force.
Le pouvoir politique peut être défini si on suit Weber comme un mode de domination qui associe le contrôle de coercition à des systèmes de légitimation.
Weber distingue différent modes de domination politique selon le degré de légitimité sur lequel il repose, idéaux-type = modèles. Il établit des idéaux-types de légitimation pour faire un tri dans la réalité.
Il en distingue trois mode de domination :
légale, rationnelle
traditionnelle
charismatique.

La domination traditionnelle est un mode de gouvernement qui puise sa légitimité dans des coutumes et dans l'habitude des hommes à respecter ces coutumes. Au cours du temps, les institutions deviennent naturelles et suscitent des réflexes d'obéissance. On ne discute plus l'autorité. Les institutions sont justifiées du seul fait de leur existence. La domination traditionnelle va de pair avec une naturalisation du pouvoir. (ex : sociétés féodales, monarchie d'AR). Cela se caractérise par une forte personnalisation du pouvoir (relation de type personnel entre vassaux er seigneurs et le prince avec ses sujets). Dans ce cadre le détenteur du pouvoir, n'agit pas en dehors de toute contrainte. Il doit agir dans le cadre des coutumes. Il doit en quelque sorte mettre en scène son rôle pour montrer qu'il se conforme bien à l'idée que les dominés ont de lui.

La domination légale, rationnelle, caractérise le fonctionnement des sociétés modernes. L'exercice du pouvoir est fixé par des règles écrite. Les détenteurs du pouvoirs sont tenus d'agir conformément au règlement au risque de fragiliser leur légitimité. Quant aux gouvernements ils sont tenus d'obéir dans le cadre des règles. Ainsi la pratique discrétionnaires du pouvoirs sont réduites. Cette domination dépersonnalise l'exercice du la domination car les gouvernés obéissent à un règlement (ex : robe des magistrats pour que les fonctions s'imposent et effacent la personne). Il y a une judiciarisation des relations de pouvoir. Dans ce cadre les rôles politiques sont étroitement codifiés. La forme typique est l'Etat de droit moderne, il repose sur les règles qu'il produit.

La domination charismatique. Alors que dans les deux autres cas, on est dans une situation habituelles de domination politique, ce type de domination correspond à des dominations exceptionnelles et transitoires. Elle repose sur la croyance dans les qualités exceptionnelles d'un individu et qui donc a vocation à disparaître avec cet individu. La domination s'exerce sur la séduction et la fascination des fidèles. Ce qui fait l'originalité de ce mode est qu'il ne s'insère pas dans des structures stables et établit dans les relations avec les dominés. Aucune règles écrite, aucune coutume ne peut résister à la volonté toute puissante du chef charismatique. Cette domination charismatique transforme l'ordre établit, cela correspond en général aux périodes révolutionnaires. Cette domination est par définition précaire et limitée dans le temps, elle disparaît avec le chef lui même, soit qu'il meurt, soit qu'il perde son crédit. Elle laisse alors la place au retour des deux autres modes de domination.

Ces modèles sont des idéaux-types, ils n'existent jamais tels quel dans la réalité. Et il ne faut pas avoir une vision trop évolutionniste de ces trois modèles. Ces trois modes de domination se combinent souvent dans la réalité. Dans notre système démocratique, il y a des textes mais l'adhésion à ce type de domination repose aussi sur l'habitude.
Enfin il y a toujours une dimension charismatique dans l'exercice du pouvoir comme on le voit avec la personnalisation des institutions politiques.

Ex : Sarkozy a une baisse de légitimité car pour le peuple la pratique de sa fonction n'est pas conforme à l'idée que les gens en ont. Donc il y a une vrai contrainte des coutumes.

 

I - La définition wébérienne de l'Etat.

L'organisation du pouvoir politique a pris dans le temps et dans l'espace des formes très différentes.
Ex - cités indépendantes dans l'Antiquité, empires (ensemble au sein duquel une métropole domine des territoires qui lui sont subordonnés).
Dans nos sociétés contemporaines occidentales, l'Etat exerce la domination. Ce type d'organisation est apparu en Europe dans le cadre d'un processus qui débute au XIIIème et qui s'est imposé comme seule forme de gouvernement ( mais il existe d'autres formes efficace).
Sur quoi repose en occident le pouvoir de l'Etat ?
Sur un certain nombre de monopole qu'aucune autre groupe n'est en mesure de disputer à l'Etat. Monopole de la production des lois, monopole fiscal (qui permet de financer toutes les autres activités de l'Etat), monopole judiciaire, mais aussi monopole de la représentation collective. Pour exercer durablement le pouvoir, il faut être reconnu par les gouvernés comme légitime, il faut aussi pouvoir contraindre les éventuels récalcitrants à se plier aux règles qui s'imposent à tous, c'est pourquoi le pouvoir s'appui toujours en dernière instance sur la force physique. Pour cette raison le monopole étatique le plus important est le « monopole de la violence physique légitime ».
« nous entendons par Etat une entreprise politique de caractère institutionnel lorsque et en tant que sa direction administrative revendique avec succès dans l'application des règlements le monopole de la contrainte physique légitime », définition de l'Etat par Weber.

1 - Le monopole étatique de la violence physique légitime

Weber fait de ce monopole la caractéristique essentielle de l'Etat, le point commun à tous les Etats, ce monopole constitue en effet une ressource d'autant plus considérable pour l'Etat, que grâce à lui l'Etat fait respecter tous ces autres monopoles qui le définissent. La violence n'est pas le moyen unique, ni même le moyen habituel qui les gouvernants utilisent. Mais c'est bien le moyen spécifique, dont il dispose lui seul.

Dans les sociétés démocratiques modernes, deux éléments importants doivent être soulignés.
usage de la contrainte physique d'Etat est toujours plus contrôlée et modérée
usage se fait dans le respect du règlement et des lois
La tendance est a une augmentation à une utilisation retenue de la violence physique pour l'Etat (recours à la coercition est graduée pour éviter d'alimenter une dynamique incontrôlable, genre Mai 1968), pas de mort dans les affrontement, or les images montrent la violence (les CRS se laissent insulter, caillasser en maîtrisant leur comportement). La première raison est d'éviter d'alimenter des cycles de répression pouvant amener la création de martyrs. Les citoyens ont intériorisés la nécessité d'obéir à la loi, au pouvoir public. Donc pas besoin de recourir à la violence pour obtenir l'obéissance.
L'obéissance est la tendance historique à l'auto contrainte - N. Elias (Grand sociologue).
« La civilisation des mœurs » « la dynamique de l'Occident » incorporation des règles sur lesquelles reposent l'organisation d'une société pacifiée. Il montre le lien existent entre étatisation de la société et l'apparition de l' « Homme Civilisé » qui apprend à refouler ses pulsions, maîtriser la violence dont il est dépossédé au profit de l'Etat. La parole devient une arme. On apprend le raffinement (couteau/fourchette). Il s'est aussi beaucoup intéréssé au sport car pour lui les matchs, sont le lieu ou les pulsions peuvent jaillir, c'est une forme d'expression, donc équilibre pour conjoncture ordinaire.
Le processus de civilisation repose sur le renforcement de l'auto contrainte, de la pudeur sur des règles toujours plus strictes de conduite, contrôle de l'agressivité. Ainsi l'homme moderne diffère de l'Homme du moyen âge. Elias y voit une des origines de la névrose.Malgré cela la coercition reste une ressource décisive dans le fonctionnement du pouvoir étatique car l'ordre politique continue à reposer en dernière instance sur la force physique même en démocratie, que l'Etat peut utiliser pour imposer un choix (lois)
 Pb légitime ? Au sens social.
C'est à dire qu'elle est reconnue / acceptée. Cette légitimité qui repose sur l'habitude (pas de remise en cause de l'utilisation de la violence). Mais surtout elle est perçue comme légitime quand elle s'exerce dans un cadre juridique et obéit donc à des règles juridiques sinon ce serait une violence arbitraire et illégitime.
Commission nationale de la sécurité en 2000, recueil de doléances des citoyens victimes ou témoins de violence policière étatique en dehors du cadre juridique. Une administration indépendante mal vu donc ça va sûrement être sans contrôle.
Condition même pour que la force légitime reste légitime.
 Espagne post-franciste. Franco dictature militaire transition démographique porté par Ancien Franciste. Dans ce processus de « transition de velours », il fallu ménager tous acteurs politique. Mêmes les personnes acculturées à de nouvelles valeurs. Armée a été modifiée en 1981  coup d'état.

2 - Une entreprise politique de caractère institutionnel

Cette définition wébérienne de l'Etat contient une autre notion qui permet de caractériser l'Etat, celle d'une entreprise politique de caractère institutionnel. La mise en place des monopoles étatique va de pair avec sa bureaucratisation, son institutionnalisation.
Weber insiste sur le fait que la domination de l'Etat repose sur une vaste administration composée de fonctionnaires de carrière spécialisée dans des tâches administratives. Pour cete raison la domination étatique est toujours plus anonyme et impersonnelle. Pour lui, plus les monopoles étatiques se développent et se renforcent, plus ils sont réglés par des normes impersonnels et s'uniforment et plus l'Etat se bureaucratise.
Le premier terrain d'observation de Weber a été le modèle étatique prussien, sous doute favorisant la prise de conscience de l'importance de la bureaucratie dans l'étatisation.
 Prusse / Frédéric Guillaume Ier (1ère forme de fonctionnariat moderne) / XVIIIème, corps de fonctionnaire recruté en raison de leur compétence, rémunéré selon une échelle de salaire déterminé à l'avance et qui agissent sur la base de règles juridiques. Différent de la France ou achat d'office.
Fonctionnaires sont des hommes libres et donc n'obéissent qu'aux devoirs de leur fonction. Ils sont recrutés en vertu d'un contrat à parti d'une sélection ouverte à tous les citoyens garantissant accès à tous les citoyens aux emplois publics. Ils sont nommés en fonction de leur compétence professionnelle qui est attesté par la possession d'un diplôme et par le passage d'un examen. La sélection est ouverte, elle est donc méritocratique, mode de recrutement le plus caractéristique de l'Etat moderne. C'est un mode différent de l'achat des charges ou des nominations discrétionnaires.
Leur rémunération est fixée à l'avance, elles dépendent du rang hiérarchique et des responsabilité des fonctionnaires, excluant les faveur discrétionnaires du pouvoir.
Ils sont de véritables professionnels de l'administration, donc pas de place pour l'amateurisme.
La progression dans la carrière se fait selon le double principe du mérite et de l'ancienneté.
Ces fonctionnaires ne peuvent s'approprier leur emploi (ils n'achètent pas la charge comme sous la monarchie).

Est rationnel le comportement perçu comme adapté aux objectifs que l'ont fixé.
L'organisation bureaucratique est la plus rationnelle car les fonctionnaires sont recrutés selon leur compétences et non plus en fonction de leur origine sociale (richesse, proximité avec celui qui exerce le pouvoir).
Ce mode de recrutement au mérite permet d'assurer une meilleure adéquation entre les tâches et les capacités des fonctionnaires. Cependant un bémol quant aux concours car mesurent des compétences entre les différentes taches que les fonctionnaires devrons accomplir.
Non seulement ce mode de recrutement est considéré comme la plus efficace par Weber , il paraît aussi être le plus juste car étant le plus égalitaire car tous les citoyens peuvent accéder en théorie aux fonctions publiques. On ne peut cependant pas ignorer que la mérite mesuré par les concours n'est en rien relatif avec les origines sociales. « le capital culturel hérité » notion de Bourdieu. En effet, les statistiques montrent clairement que les enfants d'enseignants, ou ceux dont les parents exercent des fonctions libérales, ou sont cadres supérieurs monopolisent les places aux concours les plus prestigieux. Alors que ceux issus de quartier, de famille populaire ne parviennent que marginalement à réussir ces concours. Il y a quand même une importante reproduction sociale même si en apparence ils sont ouvert à tout le monde démocratiquement (par l'école c'est possible de sortir de son milieu d'origine, d'avoir une ascension sociale  volonté de l'école républicaine / Ferry). En fait elle permet dans une certaine mesure une reproduction sociale.
Cette reproduction sociale est assurée par le fait que les compétences scolaires relèvent en grande partie de « disposition sociales héritées » de son milieu  Bourdieu. C'est tout ce qui ne s'apprend pas à l'école, façon de s'exprimer, de se comporter, c'est ce qui est transmis par la famille et l'entourage. C'est ce qu'on acquis avant d'aller à l'école. L'école essaie de structurer l'écrit ce qui s'apprend dans les livres. Apparence de la compétence/importance de l'assurance différente selon les milieux.
L'école au lieu d'offrir des ressources, ne fait que conforter les ressources.
Selon la sociologie, les concours enregistrent de fait des inégalités sociales, des inégalités que ces concours contribuent à légitimer, but implicite du système méritocratique. En effet ils transforment le capital hérité en mérite personnel. Et dans nos sociétés on accepte plus facilement les inégalités fondées sur le mérite que celles fondées sur la naissance, donc les concours rendent plus acceptables les inégalités sociales qu'ils contribuent à reproduire.
4% d'enfants d'ouvriers réussissent au concours de l'ENA.
Bourdieu dénonce le fait qu'on veuille faire croire que l'école permet l'ascension sociale mais il ne dénonce pas l'école elle-même.
 ex : culture G dans les concours, elle relève plus de l'héritage culturel que l'on a acquis dans sa famille et donc son milieu social.
Les concours enregistrent les inégalités sociales. Une fois réussi, les concours effacent les origines sociales.
Convention ZEP à science po (discrimination positive).
Ce constat pose problème ? faut-il introduire la discrimination positive ? Favoriser artificiellement un candidat issu de d'une catégorie sociale défavorisée). Faut-il maintenir des principes universalistes avec le mérite comme critère de selection ?

Film, la sociologie est un sport de combat.

 


II - La formation de l'Etat occidental

L'Etat loin d'être une forme politique inévitable est avant tout le résultat d'une histoire complexe, c'est une construction historique, que personne n'a voulu qui ne s'inscrit dans aucun plan préétablit.
L'Etat occidental est le résultat d'un ensemble de facteurs (éco, socio et politique) dont la combinaison une « dynamique de l'Occident » (N.Elias) qui a aboutit à l'établissement du pouvoir et de la société.

1 - Les origines féodales de l'Etat moderne

Le processus prend ses origines dans la féodalité, c'est surprenant car grandes différences dans les types d'organisation. Alors que l'Etat moderne se caractérise par la concentration / institutionnalisation du pouvoir, la féodalité se caractérise par la fragmentation et la faible institutionnalisation. D'un point de vue sociologique, on peut résumer le mode de domination politique féodale en 3 caractéristiques :
Faible institutionnalisation, domination de la société par un ordre guerrier qui sont liés entre eux par un serment de vassalité. Seulement autorité homme à homme. Pas d'autorité publique.
Forte fragmentation. Multiplicité des seigneuries. Pouvoir divisé.
Faible continuité dans temps et dans l'espace de l'édifice politique de base. Les frontières changent au grés des guerres, mariages, héritages dans la seigneurie.
A partir de cette situation l'établissement du pouvoir politique va se produire au terme du processus de conquêtes et d'institutionnalisation.
Pour Hélias, la génèse de l'Etat moderne peut être analysé comme une compétition entre plusieurs prétendants à l'exercice du pouvoir sur un terrain donné. Cette concurrence déclenche « un mécanisme monopolitique ». les seigneurs les plus forts éliminent/absorbent les plus faibles, ainsi ils viennent à bout des concurrents petit à petit, ce qui conduit à l'obtention d'un monopole. Le roi est puissant, il n'est pas qu'un simple seigneur. La possibilité d'exercer le pouvoir repose sur deux éléments : le monopole de la violence légitime et le monopole fiscale. Les ressources fiscales financent le monopole militaire et vice versa. Ils s'entretiennent mutuellement.

2 - La guerre comme moteur de construction étatique

Que se soit les guerres du Moyen Age ou des guerres antérieures, ce sont les facteurs essentiels de l'essort étatiques. Avec la guerre, la bureaucratie est en place pour coordonner les actions militaires par l'Etat .
Au XVIII et XIX les conflits entre états sont incessants. Les activités guerrières sont très coûteuse.
Ainsi il y a un lien étroit entre la guerre et l'apparition d'une fiscalité. Elle rend nécessaire l'impôt, rendant nécessaire la création d'une administration pour prélever et gérer les impôts.
Phénomène de renforcement circulaire qui assure la concentration des ressources au sein de l'Etat. La guerre légitime l'impôt qu'elle a rendu nécessaire pour être accepté, le prélevement fiscal doit être justifié (robin des bois).
Au nom d'une identité abstraite qui est l'Etat et non pour le bénéfice d'un seigneur particulier. Le monopole fiscal devient légitime car il est présenté comme un moyen d'assurer la défense des intérêts de la collectivité dans son ensemble.
Lien étroit entre la guerre, l'émergence de la fiscalité, la légitimation du pouvoir central, le développement de l'administration et la consolidation de l'Etat.

L'émergence de l'Etat moderne résulte de deux évolutions convergentes. La réduction dans le temps du nombre de seigneuries jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus qu'une fonction étatique, transformation de cette unité dominante. La détention durable du monopole fiscale et militaire sur un grand territoire rend indispensable la mise en place de l'administration. Elimination des concurrent, monopole de la violence étatique et de la fiscalité vont ensemble. L'Etat se couple de la société avec l'administration.


III - L'Etat et la Nation

L'histoire de l'Etat conduit à s'intéresser à l'origine de la nation. Affirmation de l'Etat moderne et construction de la nation sont des phénomènes liés.

1 - Qu'est ce qu'une nation ?

Pour répondre à cette question, on peut partir de l'opposition classique entre deux conceptions de la nation. La première définition par J. Herder et l'autre est celle d'Ernest Renan.
Selon J. herder « la providence a admirablement séparée la nation non seulement par des forêts et des montagnes et surtout par les langues, les goûts et les caractères ». La nation est une communauté de faits naturels reposant sur des bases linguistiques voir ethniques. C'est une conception organiciste ou éthnisiste (conception fermée qu'il faut sans doute aucun doute mettre en rapport avec l'importance qu'occupe le droit de sang pour l'acquisition de la nationalité allemande.
Dans une célèbre conférence prononcée le 11 mars 182 à la Sorbonne E. Renan affirme au contraire que l'homme est esclave ni de sa race, de sa langue, de la religion, du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes ». une grand agrégation d'homme sain d'esprit, et chaud de cœur crée une conscience morale qui s'appelle une nation. «  La nation se résume par un fait tangible, le consentement, le désir clairement exprimé de continuer de continuer la vie commune ».
« L'existence d'une nation est un plébiscite de tous les jours »
Ainsi, la communauté est fondée sur une association volontaire et non ethnique réunissant des hommes ayant fait le choix de partager un destin commun. Cela illustre l'importance du droit de sol dans l'acquisition de la nationalité française. La conception de Renan est une conception ouverte, issue des valeurs universalistes de la révolution française.
Ces deux définitions sont devenues des modèles. On les retrouve dans des formes plus ou moins élaborées, dans la plupart des discours et théories sur la nation.
Cela renvoi à deux questions : la nation a t-elle un fondement ethnique ou bien est ce un fondement résultant d'une association, d'une construction historique ? Quel rôle l'Etat a t'il joué dans cette construction ?

 

2 - L'Etat et la construction nationale

théorie de la nation comme construction historique.
Un certain nombre de travaux sociologiques considèrent la communauté nationale comme une construction historique et accorde place importante à l'Etat dans celle construction. Comme le souligne Weber il ne sert à rien de définir la nation en référence à des caractéristiques objectives (langues, religion) car « la possession de disposition semblable transmissible par l'hérédité ne conduit à une communauté que si elle est ressentie subjectivement comme une caractéristique commune ». ce n'est pas une ressemblance naturelle qui fonde le lien national mais le sentiment de partager certaines valeurs/caractéristiques commune qui fondent la réalité subjective de la nation. Il faut un sentiment d'appartenance, ce n'est pas une communauté naturelle. Ce sentiment d'appartenance nationale repose avant tout sur une croyance qu'il faut comprendre / analyser. Or Weber accorde une place première à l'activité politique dans l'entretien de cette croyance.
« Le processus historique tout entier montre avec quelle extraordinaire facilité, c'est surtout l'activité politique qui produit l'idée de la communauté de sang ».

E. Gellner (anthropologue anglais, théoricien du nationalisme) s'inscrit dans une perspective proche de Weber. « nation et nationalisme ». « c'est le nationalisme qui crée la nation » (la nation est un produit politique, un produit de l'imaginaire, l'idéologie donne consistance à la nation). Il considère que ce nationalisme résulte d'un processus de modernisation économique.
La société industrielle repose sur des technologies évoluées ainsi qu'une folle mobilité professionnelle. Donc il faut que les membres de la société dispose qu'une culture commune élevée. Cela est transmis pour un système éducatif moderne sur tout le territoire. C'est à l'Etat que revient cette mission. Il invente donc des cultures dépourvues de toutes bases ethniques (école de Jules Ferry - beaucoup de patois, instituteur devait imposer le français - mais encore patois pendant la WWI il n'y a donc pas eu d'éradication rapide sous IIIème République). Tout cela permet la création de bases communes dont l'Etat a le monopole (télé peut aussi être un moyen de diffuser des valeurs, des références). Or l'histoire est une écriture, on choisit la construction d'une histoire nationale, c'est un choix politique. Peut avoir un impact fort dans la construction d'un imaginaire commun ( réintroduction de l'instruction civique et morale, il y a ici un vrai enjeux dans le choix des programme scolaires. Mais il fait voir comme cela sera mis en pratique autrement les programmes ne servent à rien si cela n'est pas instauré dans les classes).
L'Etat est donc le seul organe ayant les ressources suffisantes pour imposer une langue, une conception du monde, un imaginaire social partagé.
L'intérêt de ce modèle est de mettre l'Etat au cœur du processus de formation de l'identité nationale. Cependant, reproche d'avoir donné trop de place à l'économie car même si le nationalisme crée la nation, ce n'est pas seulement pour répondre à des impératifs éco mais aussi résoudre une question politique.
Ainsi, mise en place d'un système scolaire national ne vise pas seulement à répondre aux besoins de l'économie moderne mais peut être à développer une conscience nationale et à indiquer le respect de l'autorité de l'Etat. Au XIXème, très important car autorité de l'Etat n'était pas vraiment établie.

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×